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Tag - sociographie

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mardi 27 décembre 2011

bigdata, la nécessité d'un débat [trad. de boyd & Crawford]

J'avais complètement oublié de mentionner ici la traduction du texte "6 provocations for bigdata" de d boyd et K Crawford, effectuée en septembre 2011 en compagnie de P Grosdemouge et d'internautes bénévoles, le tout, featuré par L Allard. Cette traduction a été publiée sur Internetactu, puis sur Framasoft (je n'en retrouve pas le lien, du coup, je doute...). En voici les premiers paragraphes :

L’ère de Big Data a commencé. Les informaticiens, physiciens, économistes, mathématiciens, politologues, bio-informaticiens, sociologues, et beaucoup d’autres réclament l’accès aux quantités massives d’informations produites par et à propos des gens, des choses, et de leurs interactions. Divers groupes discutent des coûts et des bénéfices de l’analyse de l’information issue de Twitter, Google, Verizon, 23andMe, Facebook, Wikipedia, et de tous les espaces dans lesquels de grands nombres de personnes laissent des traces numériques et déposent des données. D’importantes questions émergent. Les analyses de l’ADN à grande échelle aideront-elles à guérir les maladies ? Ou bien cela aboutira-t-il à une nouvelle vague d’inégalités médicales ? L’analyse des données rendra-t-elle l’accès des gens à l’information plus efficace et effectif ? Ou sera-t-elle plutôt utilisée pour pister les manifestants dans les rues des grandes villes ? Améliorera-t-elle la manière dont nous étudions la communication et la culture humaine, ou va-t-elle rétrécir la palette des options qui s’offrent à la recherche et altérer ce que “recherche” veut dire ? Tout ou partie de ces possibilités ?

Parler en termes de Big Data est, de bien des manières, restrictif. Comme l’observe Lev Manovitch (2011), ce terme a été utilisé en sciences pour désigner les ensembles de données suffisamment grands pour nécessiter des super-ordinateurs, et bien que, désormais, de grands ensembles de données puissent être analysés sur des ordinateurs de bureau avec des logiciels standards. Il n’y a aucun doute sur le fait que les quantités de données disponibles aujourd’hui soient en effet très grandes, mais ce n’est pas la caractéristique la plus pertinente de ce nouvel écosystème des données. Les Big Data sont remarquables, non en raison de leurs tailles, mais pour leurs capacités à être articulées à d’autres données. En raison des efforts pour exploiter et agréger les données, Les Big Data sont fondamentalement liées aux réseaux. Leurs valeurs viennent des patterns qui peuvent être tirés du fait de connecter entre eux des jeux de données, concernant un individu, des individus liés à d’autres, des groupes de gens, ou simplement concernant la structure de l’information elle-même.

Plus encore, les Big Data sont importantes parce qu’elles renvoient à des analyses ayant cours à la fois à l’université et dans l’industrie. Au lieu de suggérer un terme nouveau, nous utilisons le terme Big Data ici en raison de sa prégnance populaire et parce que c’est le phénomène entourant les Big Data que nous souhaitons aborder. Ces Big Data amènent certains chercheurs à croire qu’ils peuvent tout voir d’une hauteur de 30 000 pieds. C’est le genre de données qui encourage la pratique de l’apophénie : voir des tendances là où il n’y en a aucune, simplement parce que des quantités massives de données peuvent offrir des connexions qui irradient dans toutes les directions. Pour cette raison, il est crucial de commencer à interroger les hypothèses qui vont gouverner l’analyse, les cadres méthodologiques, et les préjugés qui sous-tendent le phénomène Big Data.

la suite ici est donc sur Internetactu...

jeudi 24 novembre 2011

Réflexions sur l'hypothèse documentaire dans l'étude du web de l'intime

Ces derniers jours, sur twitter et IRL, m'a été posé une série de questions que la formule de @politechnicart peut résumer simplement : "mais pourquoi, dans ton travail sur le web, employer la notion de documents ?" La première impression que laisse peser cette question serait que la notion de document est obsolète ou ringarde, et dans les deux cas, inadéquate à une lecture du web d'aujourd'hui. j'ai d'abord pensé être capable de répondre à cette question en 140 caractères, Toutefois, rien n'est venu d'assez succinct pour loger dans un seul tweet. Cette impossibilité de la super-synthèse twittesque m'a permis de comprendre une première chose : la notion de document est une notion-pivot qui a accompagné mes déplacements sur le terrain, mais aussi mes errements entre différentes méthodes et différentes épistémologies depuis le début de cette étude en 1999. C'est à peu de choses près, la seule notion qui n'ait pas été remplacée ni éjectée, même temporairement, de ma boîte à outils sociographiques. Parler de documents m'a permis de lier différents champs d'interrogations habituellement séparés, en sciences sociales du moins, par des lexiques étrangers voire contradictoires. Voilà donc la première piste : les documents ont traversé ma description sinueuse du terrain, ils ont entériné le passage d'une méthode traditionnelle d'analyse d'un corpus de pages web à un compte-rendu ethnographique. Pour finir, ils ont accompagné et appuyé la problématisation du rôle du chercheur dans le choix du vocabulaire aussi bien sur un plan technique que sur le plan des cultures sexuelles et sentimentales, et, précisément, sur ces deux plans-là ensemble.

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mercredi 7 septembre 2011

#ASA2011 : LIVETWEETs in Las Vegas

American Sociological Association conference

Du 20 au 25 aout 2011 va se tenir le congrès annuel De l'ASA à Las Vegas. 5000 Sociologues seront regroupés dans la ville des joueurs et des péchés, Beaucoup de monde donc, comparé au millier de sociologues réunis en juillet dernier à Grenoble lors de l'#AFS2011, pourtant déjà impressionnant. Peu de communication sur cet évènement en France, et, de fait, on pourrait penser qu'il n'intéresse que des américains voyant ici l'occasion de se retrouver autour d'un buffet froid. Après avoir suivi les live-tweets de certaines sessions de la première journée de #ASA2011, il apparaît évident qu'il faut enterrer la conception nationalo-centrée des réunions annuelles des associations de chercheurs, de sociologues en particuliers. Qu'est-ce qu'un live-tweet ? Pour faire rapide, c'est la transmission en direct sur le web et en séquences de 140 caractères maximum de ce que quelqu'un entend et comprend d'une intervention à laquelle il assiste dans le cadre d'un congrès. Le live-tweet peut prendre des formes variées, selon les live-tweeters et selon les conférences tweetées, mais l'intérêt du LT est suffisamment simple pour ne pas souffrir de ces variations.

He had a dream

Il y a quelques jours,@yannleroux évoquait dans un post sur psyetgeek qu'il rêvait parfois d'une communauté de chercheurs qui indexait les pages qu'elle trouvait intéressante, les discussions qu'elle tenait sur les réseaux sociaux, etc. En somme, il tenait à rappeler l'usage qu'il était possible de faire du web et des réseaux sociaux pour les chercheurs, twitter en fait partie intégrante, très probablement. Même si la pratique du live-tweet est une pratique qui prête parfois à controverse, Le LT pose problème notamment avec les personnes qui se sentent flouées de n'avoir pas su dès le départ compris qu'elles étaient "publiées" en live (l'outing de certains Livetwitters a déjà causé quelques remous dans des colloques français).D'autre fois, le LT fait l'objet d'un certain dédain, paradoxalement sur twitter lui-même, les live-tweets y étant souvent désignés comme bons uniquement à signifier l'appartenance du LTer à un lieu/évènement/groupe. Je ne crois pas que vexation et dédain aient le moindre fondement pratique.

What happens in Vegas does not have to stay in Vegas

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Dans l'année de recherches et de lectures que je viens de passer, j'ai découvert deux auteurs vivants (et jeunes) majeurs pour mes travaux. L'une parce qu'un ami a assisté à sa conférence lors d'un colloque en italie, colloque dont je n'avais même pas entendu parler, alors que le thème m'intéressait au plus haut point. Et l'autre, lors d'un live-Tweet de l'#AFS2011 pendant lequel un type a mentionné sur twitter un intervenant intéressant dans une session que je ne suivais pas, session que j'ai fini par rejoindre tellement les tweets donnaient envie. Dans les deux cas, une personne tierce mentionne le nom et la qualité d'une intervention, et associe en lien ou en vrai quelques références, photocopies ou blogs, pour satisfaire ma curiosité et mon intérêt. Le même principe, indexer, documenter et nommer un travail, un auteur, que ce soit IRL ou online. Par ailleurs, une collègue qui n'avait pas pu se rendre à un événement important dans le cadre de ses recherches a pu se faire une idée des interventions, et donc une image, "réduite" et déformée cela va sans dire (mais toujours mieux que rien), de l'état du champ dans lequel elle évolue grâce à la lecture d'un pdf qui agglomérait à des fins d'archivage l'ensemble des tweets concernant cette manifestation.

Comment suivre le livetweet #asa2011

<p>C'est à cela que les LT de #asa2011 peuvent servir pour des chercheurs français, Pour ma part, en suivant de jeunes bloggeurs dont j'apprécie par ailleurs le travail @pjrey et @nathanjurgenson de @cyborgology), j'ai appris l'existence des travaux concernant les "social justice warriors" de rebecca West sur 4chan, ou bien des discussions à propos des perspectives queer-latino/a/s selon Puri, Ortiz-vidal et Ascensio, etc. (tout cela LTé par @emannphd ). Des noms, des thèmes de recherches, des idées qui parfois me gonflent, d'autres fois excitent mon imagination (l'interêt de @nathanjurgenson pour les processus de documentation semble très proche du mien, c'est une piste de lecture pour moi, que je n'ai compris que dans son LT). Voilà le résultat de ma 1ère matinée de LT de #asa2011.

On peut trouver le programme du congrès sur le site de l'asanet.org, sous [forme d'un tableau complet aux très multiples entrées|http://convention2.allacademic.com/one/asa/asa11/] (comme c'est toujours le cas pour ce genre de congrès, souvenons-nous que @totoroinparis avait mis deux ou trois jours pour faire la lecture complète du programme de #afs2011). Il est possible de suivre sur twitter le compte @asanews et le hashtag #asa2011. Évidemment, ensuite, il s'agira de s'orienter sur les live-twitters les plus proches de vos intérêts, les LT ne touchant pas encore toutes les sessions. Pour le moment, au vue de ma frêle expérience de moins de un an de LTing, les thèmes les plus souvent Live-tweetés sont les technologies, les sex/gender/queer studies, les études sur la santé et les politiques sanitaires, les recherches autour de la documentations et des bibliothèques, et, last but not least, les gamestudies,bien entendu. Une archive sur twapperkeeper semble avoir été programmée par @pjrey pour l'#asa2011, je ne sais pas ce qu'elle va donner, À surveiller donc.

Bon LT !

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