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lundi 25 juillet 2011

FaceGlat et le binarisme de genre

orientations sexuelles vs. pratiques de documentation : le spin-off

Je viens de voir passer sur twitter la mention par @bodyspacesoc d'un site qui a pour titre Faceglat et qui se trouve présenté par les journaux comme la "réponse juive" ou encore "l'alternative kasher" à Fb. La chose remarquable sur ce site, par rapport à nombre de réseaux sociaux qui considèrent les internautes comme des individus équivalents, se situe dans le fait que dès la première page les internautes sont distingués en fonction de leur genre. Ce site est exemplaire pour illustrer un point que je n'avais pas pu aborder dans l'article sur les orientations sexuelles et les pratiques de documentations : tout réside dans l'accès, dans les politiques d'autorisations à accéder aux documents que choisissent de développer les sites de rencontre ou les SNS.

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dimanche 17 juillet 2011

orientations sexuelles vs. pratiques de documentation : redéfinition des sexualités par l'architecture des sites de rencontre

Ce texte est la version rédigée de ma communication au congrès de l'A.F.S. 5-8 Juillet 2011. On peut trouver un compte-rendu assez détaillé de certaines sessions sur le blog de P. Merklé, ainsi que le pdf du livetweet #AFS11 intégral sur le blog cultureordinaire

Ce texte a été présenté lors de la deuxième session du RT 16 - sociologie clinique -

penser l'articulation du goût, des identités et des pratiques de documentation sexuelle en ligne

# INTRODUCTION:

Je vais aborder la question de l'impact des pratiques du web sur les manières de se définir sexuellement. En effet, les cultures sexuelles et sentimentales, les cultures de l'intime, trouvent leurs repères de plus en plus souvent sur internet, et il faut envisager que la génération des trentenaires est la dernière à avoir amorcé la construction de sa culture sexuelle sans l'usage plus ou moins intense d'Internet. D'où l'intérêt de se pencher sur ce genre de question maintenant. En ligne, il n'existe pas une manière unique de se présenter et de définir ses aspirations sentimentales et/ou sexuelles. Chaque site web génère sa propre manière de se présenter, en conditionnant les formulaires d'inscription. Toutefois, il existe une catégorie qui est systématiquement demandée par les bases de données: celle du genre.

Que l'on s'inscrive pour voir, pour se montrer, ou pour rencontrer en ligne, il faut préciser son genre ce qui correspond, le plus souvent, à dire si l'on est un homme ou une femme. Il est pratiquement impossible de rester à l'abri du genre, de tenter de bénéficier de la neutralité du vocable "internaute", dès lors que l'on navigue sur le web de l'intime. En fait, l'usage final du site est peu important ici, dans la mesure où ce qui nous intéresse c'est l'articulation entre des pratiques de documentation, des circulations entre les pages à l'écran et des déclarations identitaires. Que les sites servent à rencontrer l'âme-sœur ou à rencontrer les partenaires d'une nuit, à discuter en ligne, ou bien à produire des spectacles cybersexuels, ou encore à la seule consultation de pornographie, tous requièrent une identification, au moins par le genre, à un moment donné.

Aussi, les manières dont les internautes s'identifient sexuellement lorsqu'ils se connectent, tout comme celles par lesquelles ils articulent leurs identifications à des pratiques hors-ligne et en ligne, sont essentielles à prendre en considération. Et c'est ce que les sites web vont faire de ces données identitaires qui nous intéresse ici. Je voudrais montrer comment le genre, l'orientation sexuelle, et l'expression des goûts sexuels sont devenus les piliers d'une gestion des parcours des internautes entre les documents proposés par les sites web. Mais surtout, je voudrais montrer comment le web de l'intime n'est pas une surface homogène, que l'on pourrait décrire depuis un point de vue unique avec un vocabulaire fixe, en lui appliquant une carte des identités sexuelle, par exemple, ou en le scindant en en deux (un web sentimental contre un web du cybersexe). Au contraire, cette hétérogénéité profonde du web de l'intime est la conséquence de l'articulation entre les identifications par les données de genre et l'accès aux documents, c'est-à-dire le résultat, non pas de variétés de comportements individuels ni d'objectifs à atteindre tout aussi individuels, mais bien d'une machinerie sémio-technique composite, fragmentaire, incohérente, et pourtant belle et bien efficace.

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