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vendredi 9 mars 2012

Histoires de Rencontres / Séminaire HiNT - cnrs [UPDATE]

Je recopie plus bas l"information concernant le séminaire HINT "hitoires de rencontres" auquel V. Schafer et F. Georges m'ont convié à participer aux côtés de M. Pastinelli et M. Gourarier. Une capture audio a été faite, et il est donc possible d'écouter en mp3 les 3 présentations à l'adresse suivante : http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?article1599 ou seulement la mienne avec le petit player en-dessous.

Je recopie ici les résumés des interventions :

Histoires de rencontres

Mercredi 21 mars 2012, de 14h à 17h, Institut des Sciences de la Communication du CNRS

La quatrième séance du séminaire Hint - Histoires de l’internet aura pour thème Histoires de rencontres. Cette séance croisera comme les précédentes les regards scientifiques pour commencer à éclairer un champ encore peu historicisé de l’histoire de l’Internet : les outils de discussion et les sites de rencontre. Sommaire :

Programme

« Histoire de rencontres d’IRC à Match.com : ressorts et enjeux d’une transformation du rapport à l’autre », par Madeleine Pastinelli, professeure agrégée, Département de sociologie de l’Université de Laval, Québec.

On ne peut aborder la rencontre dans IRC que dans une perspective historique, c’est-à-dire en tenant compte des changements qu’elle a connus dans le temps et de la manière dont elle a évolué. Cette évolution s’est faite dans le contexte de la démocratisation des accès à Internet, qui a donné lieu à la multiplication des canaux et à leur localisation toujours plus étroite, jusqu’à la quasi-disparition d’IRC, alors que les réseaux de rencontres amoureuses prenaient le relais en offrant un dispositif qui était parfaitement adapté à ce qu’étaient devenus les usages d’IRC. Madeleine Pastinelli retracera les grandes lignes de cette histoire, en faisant valoir la pertinence de la perspective historique, qui permet d’échapper à une lecture déterministe des pratiques observables.

« Rencontre en ligne et sites de rencontre : comment les pratiques en ligne trans-, bi- et queer réinterrogent la notion de site de rencontre », par Fred Pailler, sociologue, ingénieur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et doctorant à l’Université de Nantes.

L’opinion courante voudrait qu’un « site de rencontre » soit une architecture technique culturellement neutre spécifiée ensuite par des contenus fournis par des internautes de différentes orientations sexuelles. Or, D. Cardon montre que la conception technique des sites de rencontre varie suivant les communautés auxquelles ils s’adressent : les sites de rencontre généralistes et les sites gays et lesbiens n’offrent pas les mêmes fonctionnalités techniques (Cardon 2008), au point que les seconds n’utilisent pratiquement pas l’appellation "site de rencontre". De plus, les attendus et la définition même de la rencontre varient selon les interfaces utilisées, au point d’exiger une déconstruction de cette notion (le fait qu’elle ait "lieu" hors-ligne, par ex.). Par l’approche historique d’un corpus de sites qui déclarent mettre en relation des internautes (sites de rencontre conjugalistes, sites de webcam, sites de concours d’anatomies, réseaux sociaux, sites de partages de vidéos pornographiques), nous mettrons en évidence les implicites culturels qui président à leur conception et à leur usage et tenterons de spécifier certaines des manières de faire associées à des identifications minoritaires, notamment trans, bi et queer, au cours des années 2000.

« Les espaces de la séduction masculine. Une analyse comparée de la séduction en ligne et hors ligne au sein de la Communauté de la séduction en France » par Mélanie Gourarier, sociologue, doctorante au Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS) de l’EHESS.

À partir d’un terrain ethnographique mené en France entre 2007 et 2010 dans les différents espaces de la Communauté de la séduction, groupe apparu en Californie à la fin des années 90, composé d’hommes intéressés par l’apprentissage de la séduction des femmes, Mélanie Gourarier interrogera les ressorts heuristiques d’une enquête menée conjointement sur Internet et en dehors. Les réseaux de sociabilités entre hommes générés par la Communauté, induisent une présence à la fois sur Internet, par le biais de forums, de blogs ou d’articles postés par les membres sur les principaux sites du groupe, et en dehors, lors des réunions et des séminaires organisés par les coaches de la Communauté ou lors des sessions d’entrainement à la séduction dans les espaces publics. Travaillant sur des questions relatives à la production de la masculinité, comment penser ces espaces spécifiques, sans les isoler dans l’analyse ?

samedi 13 août 2011

À quoi participe-t-on ?

ce court article a été co-écrit avec l'artiste Pali meursault et publié dans un premier temps par la revue québécoise ESSE art + opinions #63

Quel est le rapport de l'œuvre d'art avec la communication ? Aucun.

Gilles Deleuze1

Se poser la question de la participation du spectateur à une proposition artistique revient à supposer d'abord une relation, dans laquelle il serait engagé. Il s'agit d'essayer de comprendre quels systèmes de relations sont en jeu face à l'art, afin de pouvoir évaluer en quoi la notion de participation a pu en transformer la nature.

Robert Morris fut l'un des premiers à introduire cette notion de participation. Son installation « Participation ; objects2 » avait la forme d'un parcours du combattant que le public était invité à emprunter à travers la Tate Gallery. L'oeuvre était pour ainsi dire inachevée dans l'installation de Morris, jusqu'au moment où les participants la réalisaient en la parcourant. La participation, ici la mise en mouvement du corps dans un lieu dont il n'avait pas l'habitude, engageait une autre appréciation du dispositif, qu'un regard passif aurait cantonné à la sculpture. En vivant le parcours, l'oeuvre devenait autre chose, questionnant justement la relation de passivité empreinte de respect, instituée dans l'espace muséal entre le spectateur et l'oeuvre.

Avec l'essor de la participation au sein de propositions comme celle de Morris, la place habituellement dévolue au spectateur dans la relation à l'oeuvre a changée. Si le spectateur n'y est peut-être pas tout à fait devenu acteur, il est certainement devenu agissant. Depuis les années soixante-dix, le spectateur a été invité à agir de plus en plus souvent. À travers des approches de la performance, de l'installation, de la création d'environnements immersifs, d'un art dit « participatif » et d'oeuvres « interactives », cette question de la relation du spectateur à l'oeuvre a été profondément travaillée.

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