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dimanche 19 octobre 2014

un nouveau blog : "Politiques des Affects" migre sur hypothèses.org

Voici un tout petit billet pour annoncer la migration de mon blog "Politiques des affects" créé il y a quelques années sur culturevisuelle.org, et qui siège désormais sur la plateforme hypothèses.org.

sa nouvelle adresse est la suivante : affects.hypotheses.org et il s'appelle toujours "Politiques des Affects", parce que c'est toujours le sujet principal de ma thèse (dans la rédaction de laquelle je suis en train de me lancer #scoop).

et il est pas mal beau, je trouve, avec ces fins menus et sa grille de suggestions de lecture :

blog politiques des affects

Il comprend 3 terrains d’études privilégiés : les images “connues” pour affecter les corps (pornographie, films de genre…), le travail scientifique lui-même comme lieu problématique de compréhension et de négociation avec des affects supposés lui rester étrangers, et de façon plus large, les dispositifs sociaux numériques en ce qu'ils sont les agents de bien des pratiques intimes, sexuelles et/ou sentimentales.

Pour le moment j’y ai organisé deux rubriques principales :

travaux méthodologiques et épistémologiques : ce carnet accueille les réflexions méthodologiques et épistémologiques menées lors de mon travail de doctorat à l’université de Nantes sur l’étude des cultures sexuelles et sentimentales en ligne. En ce sens, il accueille aussi bien des réflexions méthodologiques et éthiques sur l’usage de “fakes” comme moyens d’explorer des plateformes de sociabilités numériques que d’autres articulées autour de l’impact des ressources sexuelles ou sentimentales des chercheurs sur leurs manières de problématiser et rendre compte des terrains qu’ils étudient.

travaux d’études visuelles : cette portion est avant tout construite sur la migration de mon ancien blog de recherche visuelle (culturevisuelle.org/politiquesdesaffects). Elle accueille des exercices d’analyse d’images et des réflexions sur la circulation, la production et la gestion (légale ou individuelle) des images à caractère sexuel, sentimental ou encore intime. L’objectif principal de cette rubrique consiste à rendre compte des cultures et des politiques affectives des images, de la manière dont on dit qu’elles touchent les corps, les esprits, dont on les manipule et dont ces éléments relèvent à la fois de cultures médiatiques et d’enjeux moraux et identitaires liés aux cultures sexuelles et sentimentales ainsi que, de façon plus large, aux sociabilités.

bonne lecture !

samedi 7 juillet 2012

#Xroads2012 + quelques remarques sur l'organisation des LT

Voici que se termine le Crossroads in Cultural Studies 2012, il a eu lieu à Paris cette année, et j'en ai parlé sur culturevisuelle tout simplement parce que j'y intervenais avec deux collègues F. Voros et KP Hofer pour une session sur les affects discutée par S. Paasonen. Le crossroads s'est déroulé sans encombres grâce à une organisation sans failles. Il a accueilli je ne sais plus combien de centaines de sessions, avec son pesant d'interventions de haut vol et de speeches hilarants, de rencontres heureuses et de boulets, d'échanges frénétiques de cartes de visites, et de personnes que l'on a croisées sans jamais comprendre ni d'où elles sortaient ni qui elles étaient. Bref, un congrès scientifique de grande taille,

logoCS201218oct.png

Un seul regret pour moi, qui ne change pas grand chose à l'intérêt de l'événement en lui-même, reste la qualité moyenne du livetweet, alors que c'est un mode de diffusion qui pourrait, il me semble, être largement mieux encadré et surtout préparé en amont... Voici le pdf qui rassemble les tweets du LT (récupéré par le site tweetdoc.org et recomposé dans la mesure du possible par mes soins).

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samedi 28 avril 2012

Parcours ethnographique en ligne et politiques d'accès aux documents

Voici le texte rédigé d'une communication que j'ai faite à l'automne dernier au congrès de l'AFEA. Elle s'insérait dans un panel qui traitait des ethnographies en ligne. La question, qui peut sembler entendue dans les web studies et les digital humanities ainsi qu'en socio et en info-com, a provoqué, à notre grande surprise, un mini-tollé en... ethnologie. Rien de grave, toutefois. Cette communication, alors même qu'elle fut plutôt poussive en live et que ce sont les questions des auditeurs qui la sauvèrent à mes yeux, m'a permis d'engager la réflexion qui a généré plus tard le plan de la conférence HiNT en mars 2012, et notamment l'idée qu'il est impossible de distinguer dispositif technique et matériau culturel, et de ne s'attache à l'étude que l'un des deux, dès lors que l'on travaille à une ethnographie du web.

Technology is neither good nor bad; nor is it neutral... technology's interaction with the social ecology is such that technical developments frequently have environmental, social, and human consequences that go far beyond the immediate purposes of the technical devices and practices themselves. M. Kranzberg (Kranzberg, 1986, p. 545) cité par d. boyd & K. Crawford (boyd & Crawford, 2011 p. 1)

I. Deux troubles ethnographiques et un parcours documentaire

Comment un ethnographe peut-il produire des données lorsqu'il enquête sur le web de l'intime, de la rencontre et de la pornographie ? Pour développer cette question de méthode, il me faut aborder entre les lignes l'existence de deux troubles liés profondément à l'activité des ethnographes. D'abord, un trouble lié au compte-rendu, à la description en ce qu'elle draine de vocabulaire, de rhétorique, d'enjeux à la représentation, etc. et, plus précisément, à l'accountability des ethnométhodologues qui implique que le terrain soit observable, rapportable, descriptible et « résumable à toute fin pratique » (Garfinkel, 2007). Grossièrement on peut illustrer ce point par la question de savoir ce que l'on décrit lorsque l'on « explore » un réseau social sur le web, et que pour cela, on se trouve seul face à l'écran d'un ordinateur. Le second trouble, lié au premier de façon assez directe dans le contexte du web, est celui de l'écriture (Jeanneret et al. 2003), et de la documentation (Georges, 2010, p.148) ou plutôt du « déjà-documenté » qui provient du fait que les pratiques en lignes ont quelque chose à voir avec la manipulation de documents, une manipulation supplémentaire et antérieure à celle qui caractérise l'activité ethnographique, ce qui, dans le fond, doit pousser l'ethnographe qui travaille en ligne à ne jamais se retrancher derrière un rôle passif d'archivage des données numériques, mais à interroger la possibilité et les manières mêmes de cet archivage.

Ces deux troubles ont à la fois paralysé et nourrit mon travail d'enquête et de compte rendu pendant de longues années parce qu'ils n'apparaissaient jamais directement comme les problèmes que je rencontrais sur le terrain, problèmes que j'associais toujours plutôt aux contenus des discours tenus par les internautes, affaires de sexualité, de conceptions de la relation amoureuse, de savoir/découvrir qui ment, qui est sincère, etc., qu'à des problèmes de documentation et de compte rendu ethnographique. D'une certaine façon, il m'a fallu considérer mon travail comme une activité ethnographique plutôt qu'une simple collecte de données pour pouvoir enfin commencer à rendre compte du terrain ; avant cela, avec la meilleure volonté du monde, je ne trouvais jamais la bonne manière de présenter dans son ensemble le corpus que j'étais en train de produire, et me contentait d'en présenter des portions minuscules.

Faire une ethnographie en ligne, c'est d'abord se donner pour objectif d'effectuer un parcours en ligne avec des moyens à peu près équivalents à ceux dont disposent la majorité des internautes (« no bigdata, no backoffice, just a mouse, my eyes and a keyboard »). Il s'agit donc d'avancer de page web en page web, de profil en discussion, de site perso en plateforme de partage ou en réseau social, au point de comprendre que l'activité des internautes, comme celle de l'ethnographe, peut être interprétée comme une suite de circulations (Boutet, 2008, p.448-449), de parcours de documentation. Surtout, en procédant ainsi, on réalise qu'il leur arrive régulièrement d'interpréter eux-mêmes leur parcours comme lié à de la documentation, et à d'autres moments d'être confrontés à ce type d'interprétation par d'autres internautes ou bien par les interfaces des sites web, sans qu'ils l'aient choisie de leur plein gré.

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jeudi 26 janvier 2012

Streaming fury : les définitions du streaming et les représentations de ses usage(-r)s

Streaming fury

Il est des jours où rentrer très tard du boulot à pied est un peu compliqué surtout si l'on rajoute le fait de tout de même jeter un oeil à ses tweets avant d'aller se coucher : l'autre soir, je vois passer cette infographie fournie par les Ecrans, le site techno-geek de libé.

En une fraction de seconde ce dessin m'avait définitivement réveillé et pour tout dire rendu hystérique dans ma cuisine : il fait une erreur sur un point très simple, et, en plus, il le fait par manque de pratique du terrain sur lequel il prétend donner une leçon. L'information centrale de l'infographie affirme que le streaming n'engage aucune copie de fichier sur l'ordinateur de l'internaute et explique que c'est le principe de fonctionnement de sites web tels que megavideo (le site siamois de megaupload fermé le 19 janvier dernier) ou deezer. Voilà le problème, puisque c'est absolument faux, mais pour bien le comprendre il faut reprendre un peu comment on en arrive à parler de streaming pour deezer, youtube, ou megavideo. Ce qui va nous permettre de tracer quelques unes des lignes de forces qui président à la définition d'une technologie, des pratiques qui lui sont associées, et des représentations de l'utilisateurs qui s'y associent.

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dimanche 25 décembre 2011

#lumiR LIVETWEETs in Roubaix, colloque Éloge de la lumière [UPDATE:]

le 14/12/2011 :

Un nouveau LT en perspective, avec une nouvelle configuration technique et pratique : cette fois-ci, je pars seul mais avec, en parallèle des tweets, un live-stream (c'était la configuration originellement prévue pour #ede2011 :-D ). On va peut-être pouvoir observer la manière dont la scripto-diffusion initiale peut se croiser avec le livestream qui est, jusqu'à présent, plutôt moteur d'une forme conversationnelle de LT. Il s'agit avant tout de pouvoir considérer le livetweet depuis sa fonction de diffusion à distance plutôt que de valoriser systématiquement son effet de backchanneling - désormais identifié comme "la" caractéristique des LT (un post de d. boyd décrit plutôt bien, dans une version post-traumatique, ce principe de backchannel, la communication qu'elle présentait est en lien à la toute fin du post).

En attendant, je recopie le texte d'intro du wordpress de gamelab-agency (auto-piratage en somme) :

Gamelab Agency accompagne la production et de la diffusion de projets artistiques & intellectuels autour de l’innovation, des nouvelles technologies et du jeu vidéo. Notre première intervention officielle a lieu durant le colloque « Éloge et travail de la lumière », qui se tient à la Condition Publique à Roubaix, les 15 et 16 décembre 2011. Le programme se trouve ici.

Notre présence y est discrète, volontairement périphérique : nous allons adjoindre à la manifestation le « livetweet » et « l’augmentation » des conférences, c’est-à-dire, tout simplement, la diffusion sur le web de synthèses et / ou d’informations en rapport avec les conférences. Ces données seront ensuite archivées et rendues accessibles sur le site de Gamelab-Agency et / ou utilisées pour « augmenter » les captations vidéos du colloque (un livestream vidéo sera disponible sur selfworld.com).

Ainsi, pour suivre les émissions de notre satellite d’observation et de commentaire du colloque « Eloge de la Lumière » impulsé par Annie Leuridan, vous pouvez vous connecter au Livetweet de Fred Pailler ou le plug-in twitter ci-dessous. Vous pourrez aussi interagir, commenter et participer, avec votre compte twitter, en suivant le hastag #lumiR.

le 25/12/2011 :

Le colloque est terminé. Il fut très enrichissant pour moi d'y assister, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'y actualiser la notion foucaldo-deleuzienne de visibilités. Durant les interventions, j'ai eu l'immense plaisir de découvrir une suite de questionnements non-académique sur les enjeux de travail de la lumière, de définition des territoires et de production et de conception des affects. j'ai rédigé un compte-rendu développant ce point, compte-rendu que l'on peut lire sur le blog /politiquesdesaffects.

Concernant la pratique du livetweet à proprement parler, en deux mots, il fut intense et nécessita par moment trois appareils pour assurer sa fluidité (#wififail de la Condition Publique, à croire que je paie un karma très moisi en lien avec le wifi). Surtout, probablement autant à cause des interventions elles-mêmes que du faible usage de twitter par les professions qui étaient présentes sur le colloque, ce livetweet a pris la forme d'une scripto-diffusion "sèche", me transformant en léon Zitrone de la #lumiR plutôt qu'en lanceur de tweetclashes. Non pas que les retours furent froids ou absents, au contraire, mais ils avaient plutôt la teneur d'une appréciation globale de l'activité de diffusion que d'un engagement conversationnel de la part de ceux qui les rédigeaient. J'espère avoir le temps de mettre rapidement à jour la portion de compte-rendu sur le livetweet d'ici quelques jours, même si l'agenda présidant le passage de 2011 à 2012 semble déborder de toutes parts.

hop!

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